
Après vous avoir présenté le docteur COX, nous allons nous attarder sur le rôle atypique du concierge.
Avant toute chose, il faut que vous sachiez que ce personnage était sensé être le fruit de l’imagination du personnage principal (JD). Cependant, à la vue de ses prestations et de l’indéniable atout comique qu’elles constituaient, le réalisateur Bill Lawrence s’est naturellement vu dans l’obligation d’élargir son champ d’action, et ainsi de le faire interagir avec les autres personnages (ce qui n’était pas le cas dans la première saison).
En outre, la légende raconte que l’acteur Neil Flynn (membre fondateur de l’Improv Olympic West d’Hollywood) n’aurait pas respecté une seule ligne du script lors de ses apparitions. Ce dernier aurait en effet improvisé l’intégralité de ses répliques, tout en gardant, bien sûr, la trame fixée par le scénariste. Vous pourrez d’ailleurs retrouver ce talent dans les bonus de la huitième saison, où l’acteur improvise plusieurs dialogues pour une même scène. Devant cette capacité totale d’improvisation et d’acclimatation, Bill Lawrence a même pris l’habitude de remplacer le texte de Neil Flynn du script par un révélateur ”Peu importe ce que dit Neil”.
Mais revenons-en à la place du personnage dans la série. Le rôle du concierge est plutôt simple (dans les premières saisons du moins) : torturer moralement le Docteur Dorian (JD pour ceux qui seraient perdus). La raison de cette fixation allant jusqu’à donner quelques airs de névrose, se trouve dans le tout premier épisode :
Concierge : La porte est pétée. Toutes les 50 fois elles refusent de s’ouvrir.
JD : Il y a peut être une pièce coincée dedans.
Concierge : Pourquoi une pièce ?
JD : J’en sais rien !
Concierge : Vous avez coincée une pièce là-dedans ?
JD : Nan nan nan, je disais ça histoire de causer…
Concierge : Si je trouve une pièce là-dedans, c’est sûr qu’on va causer.
Plus tard dans l’épisode.
Le concierge tenant une pièce : Il faut qu’on s’cause…
Suite à cet incident, le concierge n’aura de cesse d’affecter moralement voire physiquement son saboteur de porte favori. Pour cela, il délaissera son travail – rares sont les fois, en effet, où nous voyons l’homme de l’entretien travailler – sans se fixer la moindre limite, de la lecture du journal intime de JD au dressage de loup dans le but d’attaquer ce dernier, en passant par l’invention d’un frère jumeau et une multitude d’autres magouilles toutes plus tordues les unes que les autres… Il s’efforce de blesser JD au plus profond de lui-même, visant les points sensibles :
Concierge : “Vous avez un problème de gonzesse.”
JD : “Oui, comment vous savez ?” répond J.D.
Concierge : “Vous avez l’air d’avoir des problèmes… et vous êtes une gonzesse. Deux et deux font quatre ; quatre et quatre font huit.”
Je sais ce que vous pensez : un homme qui a pour unique but de pourchasser et de hanter la vie d’un autre pour si peu ne doit pas être très clair dans sa tête.
Et bien vous n’avez pas tout à fait tord. Derrière ces histoires montées de toutes pièces (décidément, on en revient toujours à cette foutu pièce) qu’il tente avec conviction de faire avaler à qui veut l’entendre jusqu’à nous faire douter de la possible authenticité de ses paroles, se cache un manipulateur et un calculateur dangereusement efficace.
Et quand le concierge ne traque pas JD, il s’adonne a son loisir préféré. Quel est-il ?, me demanderez-vous. Nettoyer sa maison du sol au plafond ? Se balader pieds nus sur la plage ? Non. Lui ce qu’il aime, c’est la taxidermie : empailler des animaux mort, notamment les écureuils, qu’il rassemble dans son garage, formant ainsi une communauté de centaines d’écureuiles morts, réunie en hémicycle, avec laquelle il dialogue. Sacrement dérangé le garçon…
L’égo du concierge le pousse à s’attirer l’attention du monde qui l’entoure. Il aime avoir le pouvoir de décision, être en position de leader.
Pour cela, il s’entoure des pires bras cassés de l’hôpital pour former le groupe des « remues méninges ». Dans ce groupe il est en quelque sorte, de part sont charisme et l’absence totale de génie de ses trois compères (Ted – dont l’instinct de domination est à peu près équivalent à celui d’un fruit de mer, Todd – l’obsédé sexuel, et Doug – le médecin raté, qui tue plus de patients qu’il n’en soigne), la caricature du génie maléfique présent dans nombre de cartoons, celui qui fait régner la terreur, s’appuyant sur ses sous-fifres maladroits.
C’est un peu ça le concierge : capable de vous menacer avec un pistolet à eau, mais qui même habité des intensions les plus mauvaises, reste une personne que nous ne prenons pas au sérieux…